Nov10

La respiration abdominale

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La respiration abdominale

Pour bien chanter, il faut savoir parfaitement respirer.

 

Et pourtant, grande nouvelle: les gens qui savent parfaitement respirer sont rares. Il suffit de demander à la première personne qui passe de respirer à fond, et vous assisterez à un spectacle amusant : une inspiration bruyante, des épaules complètement raides qui se soulèvent, et une expiration digne des ronflements de votre arrière-grand-père. On pense bien faire de cette façon mais ce n’est absolument pas le cas. Essayez donc de chanter de cette manière : nous vous prédisons une fatigue rapide, une sensation d’étourdissement, et à long terme, des problèmes vocaux assez gênants. Nous allons donc vous expliquer en détail comment se passe le contrôle du souffle. Cela vous permettra de garder vos moyens en situation de stress, et d’obtenir confiance et détente aux moments les plus opportuns. C’est parti…

Respirez le plus naturellement possible


Bien respirer, c’est d’abord retrouver le mécanisme respiratoire qu’on utilise inconsciemment lorsqu’on dort et qu’on parle. Quand nous parlons, l’inspiration est rapide et quasiment inaudible, et l’envoi de souffle depuis les poumons vers l’extérieur est dosé en fonction de la longueur et de l’intensité de la phrase à dire. Pour une longue phrase, on n’inspire pas comme un malade, on règle le débit de souffle au plus juste. Et bien, c’est exactement la même chose pour le chant. Tâchez de calquer votre chant sur votre manière de parler, notamment pour l’articulation et les résonances.

La prochaine fois que vous irez vous coucher, allongez-vous confortablement sur le dos, posez une main sur votre estomac et l’autre sur vos côtes : c’est la meilleure manière de se rendre compte de ce mécanisme. Toute la cage thoracique se dilate et se comprime ; les épaules ne bougent pas. Cette respiration qu’on appelle « respiration profonde » ou « respiration costo-abdominale » est une respiration contrôlée qui optimise le remplissage des poumons en dilatant les côtes et permet de contrôler à 100% votre souffle.

Ne gaspillez pas votre air


Souvenez-vous que pour obtenir le plus beau chant possible, il faut transformer l’intégralité de votre souffle en son. Quand ce n’est pas le cas, on entend comme un voile sur la voix, presque comme un bruit de fuite de gaz… Et de toute manière, quand on va voir un chanteur, on n’a pas envie de remarquer les efforts qu’il déploie pour respirer à fond. Ce n’est donc pas la quantité d’air inspirée qui est déterminante, mais bien votre capacité à savoir le doser. Les exercices et vocalises sont en revanche très indiqués pour une respiration profonde : c’est ainsi que vous mettrez ce mécanisme de soufflerie sous le contrôle de votre volonté. Prenez l’habitude de penser à ce mécanisme pendant vos exercices ou en parlant dans la vie de tous les jours, et vous verrez : vous ne manquerez pas de souffle.

Le mécanisme respiratoire en détail


Pour comprendre facilement ce qui se passe dans le mécanisme respiratoire idéal, nous allons suivre pas à pas le chemin qu’emprunte l’air dans notre corps. L’inspiration doit toujours se faire par le nez. Le nez joue le rôle d’un filtre à air : c’est lui qui « nettoie » les impuretés de l’air (merci les poils du nez !) et qui le réchauffe afin qu’il arrive dans la gorge à la température idéale. Donc première chose : apprenez à respirer strictement par le nez, même la bouche ouverte.

Ensuite, l’air inspiré transite par la gorge pour arriver aux poumons, mais ils n’y arrivent pas par enchantement. En fait, le gonflement des poumons est contrôlé par des muscles très puissants : le diaphragme (voir la ligne pointillée sur le schéma ci-dessus) et les muscles de l’abdomen. Le diaphragme, qui se situe entre les poumons et les intestins, agit comme un piston. En descendant, il exerce une pression sur les poumons qui vont alors se remplir d’air ; en remontant, il les « force » à expulser l’air à l’extérieur. Exactement le même principe qu’un accordéon. C’est donc le diaphragme qui contrôle la pression de l’air en direction des cordes vocales. Il est le responsable direct de la puissance et de la précision des sons chantés. Un chaînon essentiel, autant dire.

Les muscles abdominaux ne font pas tout


Un bon contrôle du diaphragme et du souffle est en grande partie responsable de la puissance d’une voix, ainsi que de l’accès aux notes aiguës, mais ce n’est pas tout. La bouche et la gorge ont également des rôles essentiels. C’est simple : les deux doivent être les plus détendues possibles, tant un joli son exige une mâchoire souple et une gorge non crispée. Pour vous rendre compte de ce phénomène, il suffit de penser à ce que vous faites quand vous êtes pris d’un bâillement mais que vous ne voulez pas que la personne en face de vous le remarque : c’est comme si une cavité grandissait à l’intérieur de votre bouche, alors même que vos lèvres restent serrées. La mâchoire inférieure descend, l’arrière du palais se soulève et le fond de la gorge semble s’ouvrir, c’est la disposition physiologique idéale pour chanter. Tâchez de remarquer cela la prochaine fois que vous aurez envie de bâiller… Cela deviendra un nouvel automatisme, très utile pour la détente au moment de chanter.

Faites vos exercices respiratoires tous les jours


Si vous faites vos exercices respiratoires tous les jours, ce mécanisme, qui est le seul correct, deviendra un automatisme et donnera force et souplesse à votre chant. Si vous êtes suffisamment assidus, vous vous apercevrez vite que vos attaques et fins de phrases deviendront plus nettes, et vous pourrez harmonieusement passer d’un son à un autre. Sans contrôle du souffle, la moindre montée ou descente de notes est un véritable parcours du combattant. La « respiration thoracique », la « mauvaise », celle où les épaules s’élèvent, est devenue un réflexe dans la vie de tous les jours. Un réflexe pourtant à combattre car elle ne sollicite qu’une partie minime de vos capacités pulmonaires. Et pour le combattre, pas de secret : un travail régulier !

Quelques exercices pour bien débuter


Bien que nous ayons consacré une fiche Sing City complète aux exercices respiratoires, voici déjà deux exercices faciles et sympas qui vous aideront à découvrir de nouvelles sensations.

1. Pour ressentir physiquement la respiration costo-abdominale :
Placez vos mains sur vos côtes, en dessous des aisselles, à hauteur de votre estomac : vous êtes au niveau de ce qu’on appelle les « côtes flottantes ». En gardant les épaules et le cou bien détendus, respirez régulièrement en faisant attention à ce que le haut du torse bouge à peine. Lors de l’inspiration, les côtes s’écartent et c’est comme si vos mains étaient légèrement repoussées vers l’extérieur, la cage thoracique se dilate et laisse entrer l’air. Lors de l’expiration, les côtes se resserrent, le diaphragme remonte, fait pression sur les poumons, et l’air est expulsé vers l’extérieur.

2. Pour découvrir la « colonne d’air » :
Vous avez tous déjà entendu l’expression « colonne d’air » : ça ne désigne ni plus ni moins que l’air expulsé des poumons vers l’extérieur, sous l’action du diaphragme-piston. Cette colonne qui transite par les cordes vocales, vient frapper toute la zone du palais située entre les dents et la gorge. L’endroit précis du palais que cette colonne d’air vient frapper détermine en grande partie la hauteur de la note chantée. Pour vous en rendre compte, faites l’exercice suivant (sur la première note qui vous vient) :

Si vous chantez la voyelle « A » sur la même note plusieurs fois de suite et de manière assez rapide (note « piquée »), vous allez vite ressentir ce qui se passe à l’intérieur de votre gorge et votre bouche. Et si vous vous concentrez suffisamment (fermez les yeux, ça peut aider…), vous arriverez même à repérer l’endroit où la colonne d’air vient frapper votre palais pour produire cette note particulière.


Toutes ces sensations se découvrent petit à petit, et il est clair que la présence d’un professeur à vos côtés vous aidera beaucoup. Mais si vous faites ne serait-ce qu’un quart d’heure d’exercices par jour (dans le metro par exemple), les progrès se feront vite sentir. Pensez à certains sports d’endurance également : course à pied, natation. Avec un souffle bien contrôlé, vous êtes parés. Tout du moins avant la prochaine fiche !
Cet article provient du site http://www.singcity.fr

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